Températures de conservation des aliments : le guide complet 2026

Maîtriser les températures est l'obligation HACCP la plus contrôlée par les inspections sanitaires. Ce guide complet vous donne les tableaux réglementaires à jour, les températures de cuisson par aliment, les règles de refroidissement rapide et les bonnes pratiques pour ne jamais être pris en défaut lors d'un contrôle.

Températures de conservation des aliments en restauration professionnelle — normes HACCP 2026

Pourquoi les températures sont-elles un point critique HACCP ?

En France, les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) touchent chaque année plus de 15 000 personnes déclarées — et ce chiffre ne représente qu'une fraction des cas réels, estimés à plus de 1,2 million par l'ANSES. La restauration collective et commerciale est responsable d'une part significative de ces épisodes, et dans la très grande majorité des cas, une mauvaise maîtrise des températures est en cause.

Les bactéries pathogènes responsables des intoxications alimentaires — Salmonella, Listeria monocytogenes, Escherichia coli entérohémorragique (STEC), Staphylococcus aureus, Campylobacter — se multiplient de façon exponentielle entre +4°C et +63°C. Dans cette plage, une population bactérienne peut doubler toutes les 20 minutes dans des conditions favorables.

La maîtrise des températures est donc un point critique de contrôle (CCP) au cœur de la démarche HACCP. Elle est encadrée par deux textes fondamentaux :

  • Le règlement CE n°852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires (applicable dans toute l'UE)
  • L'arrêté du 21 décembre 2009 fixant les températures de conservation des denrées animales et d'origine animale en France
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Important — La réglementation fixe des températures maximales pour le froid et des températures minimales pour le chaud. Il ne s'agit pas de valeurs cibles, mais de seuils à ne jamais dépasser. Votre équipement de cuisson et de réfrigération doit permettre d'atteindre et de maintenir ces seuils en toutes circonstances, y compris lors des coups de feu et des fortes chaleurs estivales.

Lors d'une inspection sanitaire, les agents de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) commencent systématiquement par relever les températures de vos équipements frigorifiques et vérifier votre registre de relevés. C'est souvent le premier motif de mise en demeure ou de fermeture administrative.

Tableau des températures de froid réglementaires

Le tableau ci-dessous reprend les températures maximales de conservation fixées par l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009 (version en vigueur depuis le 9 mai 2020) pour les établissements de remise directe, dont les restaurants, et de restauration collective. Ces températures s'appliquent en tous points du produit, pas seulement à l'air de l'enceinte.

Catégorie de denrées Température max. Exemples pratiques Durée conseillée
Viandes hachées, viandes séparées mécaniquement + 2°C Steaks hachés, chair à tartare, farces crues 24h
Produits de la pêche frais ou décongelés, crustacés et mollusques cuits + 2°C (glace fondante, 0 à +2°C) Poissons et filets frais, crevettes cuites, bulots, moules cuites 24 à 48h
Préparations culinaires élaborées à l'avance + 3°C Plats du jour cuisinés et refroidis, sauces, mises en place cuites J+3 max. sans étude de durée de vie
Abats + 3°C Foie, rognons, ris, cœur 24 à 48h
Volailles, lapins, petit gibier + 4°C Poulet entier ou découpé, cuisses de canard, lapin 2 à 3 jours
Préparations de viandes + 4°C Saucisses crues, brochettes marinées, viandes assaisonnées 1 à 2 jours
Viandes de boucherie (bœuf, veau, porc, agneau) + 4°C en morceaux de découpe
+ 7°C en carcasses et pièces de gros
Entrecôtes, rôtis, épaules ; demi-carcasses en atelier 3 à 5 jours (découpe)
Autres denrées très périssables + 4°C Charcuteries cuites tranchées, produits laitiers frais, crèmes, ovoproduits, lait cru Jusqu'à la DLC
Autres denrées périssables + 8°C Denrées périssables moins sensibles (selon l'étiquetage) Jusqu'à la DLC
Fromages affinés, lait pasteurisé Température fixée par le fabricant Camembert, comté, tomme ; lait pasteurisé conditionné Selon l'étiquette
Produits surgelés, glaces et crèmes glacées − 18°C Tout produit portant la mention « surgelé », glaces Jusqu'à la DDM
Viandes hachées et préparations de viandes congelées, produits de la pêche congelés − 18°C Steaks hachés congelés, poissons congelés Selon l'étiquette ou votre PMS
Autres denrées congelées − 12°C Autres produits congelés, y compris congelés en cuisine (−18°C recommandé) 1 à 3 mois selon le produit

* Températures maximales de l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009 modifié (Légifrance, version en vigueur depuis le 9 mai 2020) ; pour les produits congelés, la valeur indiquée est un maximum sans limite inférieure. Pour les produits préemballés, le conditionneur peut fixer une température différente, sans dépasser celle du règlement CE 853/2004 : suivez alors l'étiquette. Une température différente est aussi admise si elle est prévue par un guide de bonnes pratiques d'hygiène validé ou par une analyse des dangers validée. La colonne « durée conseillée » donne des repères de bonne pratique, non réglementaires (sauf la règle J+3). Les œufs en coquille ne figurent pas dans ce tableau : conservez-les à température constante, de préférence au réfrigérateur. DLC = Date Limite de Consommation / DDM = Date de Durabilité Minimale.

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Bon à savoir — Une enceinte qui contient plusieurs catégories doit respecter la plus stricte. Pour une chambre froide qui accueille viandes hachées, poisson et plats cuisinés, visez 0°C à +2°C. Cela laisse une marge de sécurité en cas de variation (ouvertures/fermetures fréquentes de la chambre froide, chargement important). La sonde doit être placée à l'endroit le plus chaud de l'enceinte.

Organisation des chambres froides : la règle de séparation

En restauration professionnelle, il est impératif de respecter la marche en avant et de séparer les denrées dans vos équipements frigorifiques :

  • Chambre froide positive n°1 : viandes et poissons crus (séparés entre eux par des claies ou dans des bacs étanches)
  • Chambre froide positive n°2 : produits laitiers, fromages, légumes, fruits
  • Chambre froide n°3 / bac de service : plats cuisinés, charcuteries, préparations froides

Cette organisation évite les contaminations croisées entre allergènes et réduit les risques de contamination microbiologique des produits cuits par les produits crus.

Températures de cuisson recommandées par type d'aliment

La cuisson est l'étape la plus efficace pour éliminer les bactéries pathogènes. Encore faut-il atteindre la température à cœur suffisante. Contrairement aux idées reçues, la couleur d'une viande ne garantit pas sa salubrité : seul un thermomètre à sonde permet de vérifier la température au cœur de l'aliment.

Voici les températures à cœur recommandées par les autorités sanitaires françaises (ANSES) et européennes :

Type d'aliment Température à cœur min. Remarques importantes
Volailles entières (poulet, dinde, canard) +74°C Vérifier dans la cuisse et dans la farce si farcie. Jus de cuisson doit être clair.
Volailles découpées (escalopes, cuisses) +74°C Température critique : la volaille est le principal vecteur de Campylobacter et Salmonella
Viandes hachées (steaks, boulettes, burger) +70°C La cuisson à cœur est obligatoire. Le burger "saignant" est interdit en restauration professionnelle (sauf dérogation pour dégustation immédiate)
Porc (rôti, côtelettes, filet) +70°C Élimine Trichinella spiralis et Toxoplasma gondii
Bœuf (rôti entier, pièces entières) +63°C (mi-cuit) La cuisson saignante est tolérée pour les pièces entières non injectées. Interdit pour le haché.
Agneau et veau (gigot, rôti) +63°C Rosé autorisé pour les pièces entières non reconstituées
Poissons et fruits de mer +63°C Pour les préparations crues (tartare, carpaccio, sushi), utiliser des produits ayant subi une congélation préventive à −20°C pendant 24h minimum
Œufs et préparations aux œufs +70°C (blanc et jaune coagulés) Pour les sauces à base d'œuf (hollandaise, béarnaise), maintien obligatoire à +63°C minimum
Plats farcis (rôtis, légumes farcis) +74°C Température mesurée au centre de la farce, pas dans la viande d'enrobage
Saucisses, merguez, chipolatas +70°C À cœur, pas seulement en surface. Erreur fréquente lors des buffets et événementiel.

* Recommandations basées sur les données ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire), règlement CE n°2073/2005 sur les critères microbiologiques et arrêté du 21 décembre 2009.

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Règle critique — Une viande qui a l'air cuite en surface peut rester à moins de 40°C à cœur. Le seul moyen fiable de vérifier est un thermomètre à sonde à lecture instantanée, inséré au point le plus épais, loin des os. Formez systématiquement vos équipiers à ce geste lors de la formation HACCP obligatoire.
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Maintien en chaud et service à table

Une fois les aliments cuits, la vigilance ne s'arrête pas. Lors du service, les préparations chaudes doivent rester au-dessus du seuil critique de +63°C en permanence, que ce soit en cuisine, au comptoir de vente ou lors d'un buffet.

Situation Température min. Matériel adapté
Maintien en service (côté cuisine) + 63°C Bains-marie, lampes infrarouge, armoires chauffantes
Service en salle (buffet chaud) + 63°C Chafing dishes avec combustible ou électriques, vitrines chauffantes
Transport de repas à domicile / traiteur + 63°C Conteneurs isothermes homologués, armoires de transport chauffantes
Remise en température (plat cuisiné refroidi) De +10°C à +63°C en moins de 1h, consommation le jour même Four à convection, bain-marie, micro-ondes professionnel
Durée maximale de maintien en chaud — Pas de durée fixée par l'arrêté : limitez le maintien au service en cours (repère courant : 2h) et ne réchauffez pas deux fois.
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Bonne pratique — Ne remplissez jamais les bains-marie avec des aliments froids. Préchauffez-les d'abord à +85°C minimum, puis introduisez les préparations déjà chaudes. Un bain-marie sur-chargé d'aliments froids ne peut pas monter les températures assez vite et crée une zone de danger prolongée.

En cas de buffet, contrôlez la température des préparations chaudes toutes les 30 minutes avec un thermomètre à sonde et notez les relevés. Si un plat descend en dessous de +63°C, remontez-le en température ou retirez-le du service. Cette mesure doit figurer dans votre Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS).

La zone de danger thermique : de +4°C à +63°C

On appelle zone de danger thermique (ou zone critique de multiplication bactérienne) la plage de températures comprise entre +4°C et +63°C. Dans cette zone, les bactéries pathogènes trouvent des conditions idéales pour se multiplier : humidité, nutriments disponibles et températures favorables.

Zone froide ≤ +4°C
⚠️ Zone de danger bactérien +4°C → +63°C
Zone de sécurité chaude ≥ +63°C

Quelques repères concrets pour comprendre les enjeux :

  • À +20°C (température ambiante d'une cuisine), E. coli peut doubler en 20 minutes. En 6 heures, une contamination initiale de 100 bactéries peut atteindre plus de 4 millions d'unités.
  • À +37°C (température corporelle), certaines souches de Salmonella ont un temps de génération de moins de 12 minutes.
  • À +63°C, la grande majorité des bactéries pathogènes sont détruites en quelques secondes. À +70°C, la destruction est quasi-instantanée.
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Repère des 2 heures / 4 heures (bonne pratique, non réglementaire) — Un aliment laissé dans la zone de danger entre 0 et 2 heures peut encore être servi si refroidi rapidement. Entre 2 et 4 heures, il peut être consommé immédiatement mais ne doit pas être refroidi puis reservi. Au-delà de 4 heures cumulées dans la zone de danger : jetez le produit, sans exception.

En pratique, cette règle s'applique dans plusieurs situations fréquentes :

  • La décongélation à température ambiante (interdite) — un bloc de viande surgelé peut rester des heures en surface à +20°C pendant que le centre dégèle encore à 0°C.
  • Les préparations froides laissées sur le plan de travail pendant le dressage des assiettes.
  • Les plats cuisinés refroidis trop lentement dans un grand conteneur au réfrigérateur (l'extérieur refroidit vite mais le centre reste chaud longtemps).

Refroidissement rapide et décongélation : les règles à respecter

Le refroidissement rapide après cuisson

C'est l'une des étapes les plus critiques et les plus souvent mal maîtrisées en restauration. L'arrêté du 21 décembre 2009 prévoit que la température à cœur d'une préparation ne reste pas plus de 2 heures entre +63°C et +10°C, puis qu'elle soit conservée dans une enceinte entre 0°C et +3°C. Cette règle est fixée pour la restauration collective (annexe IV) et sert de référence lors des contrôles en restauration commerciale.

Le seul moyen fiable d'atteindre cet objectif en restauration professionnelle est la cellule de refroidissement rapide. Contrairement à une idée répandue, placer un grand plat chaud directement au réfrigérateur est insuffisant (et potentiellement dangereux pour les autres denrées) :

  • Le centre d'un grand plat peut rester plusieurs heures au-dessus de +30°C
  • La chaleur dégagée fait remonter la température générale de l'enceinte
  • Cela crée une zone de danger pour tous les produits du réfrigérateur
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Conseil pratique — Si vous ne disposez pas encore de cellule de refroidissement rapide, divisez les grandes quantités en petits conteneurs peu profonds (max. 5 cm de hauteur) et placez-les sur des grilles en chambre froide pour favoriser la circulation d'air. Cette méthode reste moins efficace qu'une cellule, mais améliore significativement la vitesse de refroidissement.

Les règles de décongélation

La décongélation est une étape réglementée souvent négligée. L'annexe VI de l'arrêté du 21 décembre 2009 prévoit deux méthodes (toute autre méthode exige une analyse des dangers validée) :

  1. En enceinte réfrigérée, entre 0°C et la température maximale de conservation du produit (+4°C par défaut) — méthode la plus sûre, à anticiper (prévoir 24 à 48h selon l'épaisseur)
  2. Par cuisson ou remise en température directe, sans décongélation préalable (légumes surgelés, portions individuelles)
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Interdictions absolues — La décongélation à température ambiante ne fait pas partie des méthodes prévues : ne la pratiquez pas. La recongélation d'un produit décongelé est interdite (annexe VI de l'arrêté), même si le produit semble encore froid. En cas de panne de chambre froide avec produits décongelés, consommez-les immédiatement ou jetez-les.

Durée de conservation après décongélation

Un produit décongelé suit les températures des produits réfrigérés (annexe I). Repères de bonne pratique :

  • Consommé dans les 24 heures pour les viandes hachées et poissons
  • Consommé dans les 48 heures pour les viandes entières, volailles, fruits de mer
  • Jamais recongelé, quelles que soient les circonstances

L'étiquetage de traçabilité doit mentionner "décongelé le [date]" pour permettre le suivi dans le cadre de votre système de traçabilité alimentaire.

Enregistrement des relevés de température

Relevé de température avec sonde à cœur en cuisine professionnelle — traçabilité HACCP obligatoire
Relevé de température avec sonde à cœur — à consigner dans le registre HACCP de votre PMS.

La réglementation HACCP ne se contente pas d'imposer des températures : elle exige que leur respect soit prouvé par des enregistrements. En cas de contrôle, l'absence de relevés est aussi grave que des températures hors normes.

Ce que dit la réglementation

  • Fréquence : aucun texte ne fixe un nombre unique ; la pratique recommandée est d'au moins 2 relevés par jour par équipement de froid (début et fin de service), ou un enregistrement continu par sonde, et un contrôle des cuissons sensibles
  • Support autorisé : fiche papier ou logiciel de traçabilité numérique — les deux ont la même valeur légale
  • Durée de conservation : à définir dans votre PMS ; conservez-les assez longtemps pour couvrir la durée de vie de vos produits et l'intervalle entre deux contrôles
  • Accessibilité : disponibles immédiatement sur site lors d'une inspection
  • Actions correctives : tout relevé hors norme doit être associé à une action corrective notée (déplacement de produits, appel du technicien, destruction de denrées)
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Bon à savoir — les données loggers — Les enregistreurs de température automatiques (dataloggers) connectés à votre réseau Wi-Fi permettent de relever les températures en continu, 24h/24, et d'envoyer une alerte SMS en cas de dépassement de seuil. En cas de contrôle, vous pouvez présenter un historique complet sur plusieurs semaines. Le coût d'un système de base (4 à 6 sondes + logiciel) varie de 300 à 800 € — un investissement rapidement rentabilisé en sécurité et en sérénité.

Que faire en cas de relevé hors norme ?

Un relevé non conforme ne doit pas être effacé ou ignoré : il doit être signalé et traité selon la procédure d'actions correctives de votre PMS. Voici la marche à suivre :

  1. Identifier l'écart (température mesurée, heure, équipement)
  2. Évaluer les denrées concernées : depuis quand sont-elles hors température ? Ont-elles été dans la zone de danger plus de 2 heures ?
  3. Décider : consommation immédiate, refroidissement rapide ou destruction (avec traçabilité de la destruction)
  4. Alerter le responsable et appeler un technicien si l'équipement est défaillant
  5. Enregistrer l'action corrective dans le registre HACCP

Notre checklist HACCP inclut une fiche d'action corrective température prête à l'emploi.

Modèles de fiches de relevés de température À imprimer et à afficher dans votre cuisine — gratuit et conformes HACCP
Accéder aux fiches →

Matériel de contrôle des températures

Disposer du bon équipement de mesure et de contrôle est une obligation réglementaire et un investissement rentable. Voici un tour d'horizon des outils indispensables en restauration professionnelle.

Thermomètre à sonde à lecture instantanée

Outil incontournable, il permet de vérifier la température à cœur des viandes, poissons et plats cuisinés en quelques secondes. Critères de choix :

  • Plage de mesure : −50°C à +300°C minimum
  • Précision : ±0,5°C
  • Temps de réponse : moins de 3 secondes (modèles à thermocouple)
  • Certification NSF ou EN 13485 recommandée
  • Budget : 30 à 150 € pour un modèle professionnel fiable

Attention à bien désinfecter la sonde entre chaque utilisation et entre chaque type d'aliment pour éviter les contaminations croisées.

Thermomètre infrarouge (sans contact)

Pratique pour les contrôles rapides en surface (vitrines, plats de présentation), il ne remplace pas le thermomètre à sonde pour les mesures à cœur. Utilisez-le pour les vérifications de routine et la surveillance de surface.

Sondes d'ambiance avec enregistrement continu

Ces dispositifs, fixés à l'intérieur des enceintes frigorifiques, mesurent et enregistrent la température en continu. Les modèles connectés transmettent les données vers une application mobile ou un logiciel de gestion. Ils permettent :

  • De supprimer les relevés manuels (gain de temps significatif)
  • De détecter les anomalies nocturnes (pannes hors temps de service)
  • De produire automatiquement les rapports de conformité

Cellule de refroidissement rapide

Indispensable en pratique dès que vous produisez des plats cuisinés à l'avance, la cellule de refroidissement rapide permet de passer de +63°C à +10°C en moins de 2 heures (mode positif) et, selon les modèles, de surgeler en mode négatif. Un équipement dont le coût est souvent sous-estimé mais qui sécurise l'ensemble de votre organisation de cuisine.

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Conseil achat — Lors d'un contrôle sanitaire, les inspecteurs vérifient systématiquement l'étalonnage de vos thermomètres. Conservez le certificat d'étalonnage de votre thermomètre de référence (à faire vérifier annuellement) et utilisez-le pour vérifier la précision de vos autres appareils.

Sanctions en cas de non-conformité

Le non-respect des températures réglementaires peut entraîner des sanctions progressives, définies par le Code rural et de la pêche maritime et le règlement CE n°882/2004 relatif aux contrôles officiels :

Niveau de sanction Mesure applicable Déclenchement
Niveau 1 Avertissement oral lors de l'inspection Non-conformité mineure isolée, première visite
Niveau 2 Mise en demeure écrite avec délai de mise en conformité (15 à 30 jours) Non-conformité notable, récidive sur point mineur
Niveau 3 Procès-verbal transmis au procureur de la République + amende Non-conformité grave ou récidive
Niveau 4 Fermeture administrative temporaire (72h à plusieurs semaines) Danger immédiat pour la santé des consommateurs
Niveau 5 Sanctions pénales : jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende Intoxication alimentaire avérée (article L237-1 du Code rural)

Au-delà des sanctions légales, une intoxication alimentaire peut avoir des conséquences dramatiques sur votre activité : fermeture médiatisée, avis négatifs en ligne, perte de clientèle, hausse des primes d'assurance. Dans certains cas graves (décès ou hospitalisation longue), la responsabilité civile et pénale personnelle du gérant est engagée.

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À retenir — La formation HACCP obligatoire (14h minimum pour toute personne manipulant des aliments) est votre première protection. Elle vous apprend à identifier et maîtriser les points critiques, dont les températures. Un établissement formé et documenté est aussi un établissement que les inspecteurs pénalisent moins sévèrement en cas d'écart isolé.

Questions fréquentes sur les températures en restauration

Quelle est la température réglementaire pour un réfrigérateur en restauration ?

Il n'existe pas une température unique : l'arrêté du 21 décembre 2009 fixe une température maximale par catégorie, mesurée dans le produit. Les plus strictes sont +2°C pour les viandes hachées et les produits de la pêche frais, +3°C pour les abats et les plats cuisinés à l'avance, et +4°C pour les volailles, la viande découpée et les autres denrées très périssables. Les denrées simplement périssables vont jusqu'à +8°C. Une enceinte qui mélange plusieurs catégories doit respecter la plus stricte.

À quelle température faut-il maintenir les plats chauds au service ?

Les plats chauds doivent être maintenus à une température minimale de +63°C durant toute la durée du service. En dessous de cette température, les bactéries peuvent se développer rapidement. L'arrêté ne fixe pas de durée maximale de maintien au chaud : limitez-le au service en cours (2 heures est un repère courant) et ne réchauffez jamais un plat deux fois.

Quelle est la température de surgélation réglementaire ?

Les produits surgelés, les glaces, les viandes hachées et préparations de viandes congelées et les produits de la pêche congelés doivent être conservés à −18°C au maximum (−18°C ou plus froid). Les autres denrées congelées ont une température maximale de −12°C. En cas de décongélation accidentelle (panne), les produits ne peuvent pas être recongelés : ils suivent alors les règles des produits réfrigérés et doivent être utilisés rapidement, ou détruits s'ils ont dépassé les températures réglementaires.

Combien de fois par jour faut-il relever les températures ?

Aucun texte ne fixe un nombre de relevés identique pour tous : la réglementation impose de surveiller et d'enregistrer les températures dans votre Plan de Maîtrise Sanitaire. La pratique recommandée est d'au moins deux relevés par jour par équipement de froid (début et fin de service), ou un enregistrement continu par sonde. La durée de conservation des relevés est à définir dans votre PMS.

Quelle température à cœur pour une volaille cuite ?

Une volaille entière doit atteindre +74°C à cœur (mesurée dans la cuisse, loin de l'os). Pour les volailles farcies, la température s'applique au centre de la farce. Une volaille dont le jus de cuisson est encore rosé n'est pas forcément insuffisamment cuite — seul le thermomètre fait foi.

En combien de temps doit-on refroidir un plat cuisiné ?

L'arrêté du 21 décembre 2009 prévoit que la température à cœur ne reste pas plus de 2 heures entre +63°C et +10°C, puis une conservation entre 0°C et +3°C. Fixée pour la restauration collective, cette règle sert de référence en restauration commerciale. Ce délai est très difficile à respecter sans cellule de refroidissement rapide. En cuisine, ne placez jamais un plat chaud directement au réfrigérateur : cela est insuffisant pour les grands volumes et dangereux pour les autres denrées.

Peut-on recongeler un produit décongelé ?

Non. L'annexe VI de l'arrêté du 21 décembre 2009 interdit de recongeler un produit décongelé, sauf analyse des dangers validée démontrant le même niveau de sécurité. Un produit décongelé suit les règles des produits réfrigérés et doit être utilisé rapidement. La recongélation favorise la multiplication bactérienne et détériore les qualités organoleptiques du produit.

Quelle est la durée de vie d'un plat cuisiné en chambre froide ?

Un plat cuisiné correctement refroidi (moins de 2h entre +63°C et +10°C) et conservé à +3°C maximum a une date limite de consommation qui ne peut pas dépasser le troisième jour après celui de sa fabrication (J+3), sauf étude de durée de vie. Au-delà, il doit être jeté. La date et l'heure de fabrication doivent figurer sur l'étiquette de traçabilité. Certaines préparations (tartares, crudités) ont des durées encore plus courtes.

Nos guides sont rédigés par une équipe de professionnels de la restauration et de la gestion d'entreprise CHR. Chaque contenu est vérifié sur la base des textes réglementaires en vigueur, des conventions collectives et des données officielles (ANSES, Ministère du Travail, UMIH).